Ses bras toujours tendus
A l’offrande des vents
S’étaient noués du deuil blanc
Des neiges innocentes
Et frémissaient à peine
Sous les caresses du souvenir.
Son corps n’avait pas changé
Le froid l’avait surpris en pleine force
Et sous ses muscles tirés
L’on devinait un cœur
Qui battait encore.
Au rythme d’un sang
Doux comme le silence
Possédé par une apparente dureté,
Il restait beau mon arbre.
Immuable témoin
Des routes qui s’agitent
Aux confins des vivants et des morts.

Sa solitude était sa vie.
Il avait choisi d’être là
Comme on accepte de naître.
Et vidé de tout espoir,
Les jours s’écoulaient,
Au creux de son oubli
Sans faire le moindre bruit.
Comme ces eaux sans pli
Qui sombrent dans la paix.

Dressé contre l’usure
Il attendait le temps
Comme un ami muet
Et les saisons,
Devant lui,
Passaient en s’inclinant.

Il était beau mon arbre,
Comme un monument fier,
Mais il avait des larmes,
Comme un matin d’hiver,
Des larmes figées
Comme une douleur morte,
Et à ses pieds meurtris
Accrochés à la terre
Je trouvais ces seuls mots :
Je t’aime…

texte © Jules Desmarais
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