Les parapluies sont des p’tites bêtes
Qui s’ouvrent les pattes sur un déclic.
Leur peau du dos leur fait une tête
Leur cou est de bois ou de plastique.
L’Angleterre se distingue
En les faisant en peau de soie.
D’autres préfèrent ceux des Indes
Où il y aurait un plus grand choix.
Et dans ce monde d’adversités
Faut se protéger avec quelque chose
Vive la pluralité,
Y’en a des noirs, des bleus, des roses.

Mais…
Les parapluies sont des p’tites bêtes
Qui s’ouvrent les pattes sur un déclic.
La peau du dos leur fait une tête
Leur cou est de bois ou de plastique
Faites-comme moi, s’ils vous embêtent
Laissez-les donc dans le portique.

Les parapluies ne sont pas si bêtes.
Ils nous espionnent comme des flics.
Je me demande ce qu’ils pensent,
De toutes ces têtes

Qui ont les formes les plus comiques ?
Les parapluies cachent des têtes rondes,
Des plates, de longues et des dodues
Y’en a où les frisettes abondent.
On se demande c’qui leur reste au …
… Ta-ta-ta-ta… ta-ta-ta-ta…
ta-ta-ta-ta… ta-ta-ta-ta!…
Y’en a des tas, qui y ont l’air tata.
Ça les mets dans tous leurs états !

Mais…
Les parapluies sont des p’tites bêtes
Qui s’ouvrent les pattes sur un déclic.
La peau du dos leur fait une tête
Leur cou est de bois ou de plastique
Faites-comme moi. s’ils vous embêtent
Laissez-les donc dans le portique.

Ce n’est pas toujours drôle
Les jours de pluie
De jouer son rôle
de parapluie…

Il y en a qui les balancent
D’autres le serrent sous le bras
C’est déprimant, quand on y pense,
Surtout s’ils sont un peu trop gras!
Les plus gentils leur font une gaine
Pour protéger leur peau fragile.
Ceux-là le portent sur leur bedaine
Dans l’autobus de la rue McGill.

Mais…
Les parapluies sont des p’tites bêtes
Qui s’ouvrent les pattes sur un déclic.
La peau du dos leur fait une tête
Leur cou est de bois ou de plastique
Faites-comme moi, s’ils vous embêtent
Laissez-les donc dans le portique.

Ce n’est pas toujours drôle
Même s’ils sont vieux
Ce n’est pas leur tour
D’aller au cieux.

Tout le monde se creuse les méninges,
Pour leur trouver d’autres vocations.
On les suspends pour sécher le linge
On s’en fait des décorations.
On en fait aussi d’autres choses,
Même des broches à tricoter
Ou bien des supports pour les roses,
on ne se décide pas à les jeter!
Faudrait peut-être en faire un jour
D’immenses toiles d’araignées
Où tous les cœurs, en mal d’amour,
Pourraient sans fin se pourchasser.

Mais…
Les parapluies sont des p’tites bêtes
Qui s’ouvrent les pattes sur un déclic.
La peau du dos leur fait une tête
Leur cou est de bois ou de plastique
Faites-comme moi, s’ils vous embêtent
Laissez-les donc dans le portique.

© Jules-Desmarais
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