J’aimerais être un oiseau
pour voler sur le monde
J’aimerais être un oiseau
pour planer sur les ondes
Et partir dans le vent
Comme rêve d’enfant
Revenir épuisé
D’amour réalisé

J’aimerais être un oiseau
Pour attendre en mon nid
Qu’on m’apporte morceau
De pain qui me nourrit
Et connaître le vertige
Du premier vol d’enfant
Dans la peur qui le fige
Par geste qu’on lui tend
Atterrir sur le sable
Au bord de la mer
Et voir sourire aimable
Des voiles en travers
Et partir, oui partir
Tout au bout de mes ailes
Comme temps à ravir
Aux heures en dentelles
Et pourtant dans mon cœur
J’ai peur de m’envoler
comme si le bonheur
ne savait se poser.

Mais quand même
Quand l’on s’aime
L’on s’envole toujours
certains que les jours
Referont les refrains
Où naissent nos matins.

J’aimerais être un oiseau
qui chante et qui s’émeut
Quand le soleil si beau
Se penche à nos yeux;
Et pourtant, je le sais
Si j’étais un oiseau
Sans doute je me perdrais
Tout au fond des roseaux
Où la paix redescend
Sur le jour qui s’éteint
Et trace de ses encens
L’âme des lendemains.
Si j’étais un oiseau
Je voudrais m’endormir
Tout au creux des roseaux
Où mon cœur sait frémir
Si tu veux mon ami
Tu seras mon oiseau
Et nous ferons la vie
Tout au creux des roseaux
Et le soir sur la grève
Quand les vagues sont folles
Nous referons les rêves
Des oiseaux qui s’envolent…

© Jules Desmarais – Tous droits réservés