Triste comme la neige
Lorsque sonne l’heure du printemps
Sous le soleil les cristaux s’éteignent
Il n’y a plus de temps.

Comme la fleur
Cueillie en plein mouvement
Dans la terre qu’un trou de sa demeure
Déjà elle s’en va fanant.

Triste comme la montagne
Que les chercheurs d’or
Fouillent, creusent et rasent
Jusqu’au dernier grain sans remords.

Comme le sapin
Qui sent la hache dans son tronc
À l’aube et vers la mi matin
Tombe sous les coups du bûcheron.

Triste comme l’enfant
Qui quitte ses champs, ses papillons
Pour soit dire se civilisant
Adieu gambades, les fous tourbillons.

Comme le soldat
Qui tue sans savoir
Et mène son combat
En avant, pour oublier son désarroi.

Triste comme l’amant
Qui n’attends aucun retour
Au jour d’aimer pour cent ans
Il n’y a plus d’amour.

texte © Claire Louise Coulombe
Tous droits réservés